Mon cerveau est en ébullition et ma plume se disperse, car la vie de Philippe Esnos fut tellement parsemée d’aventures plus incroyables les unes que les autres, que je n’arrive point à trouver le commencement de cet article.
Ce personnage haut en couleur est un véritable aventurier. Que ce soit sur la mer ou sur terre, il a consacré sa vie à réaliser ses rêves. Des rêves qui dépassent le cadre de notre vie en société. Des rêves qui le mèneront sur et sous les mers, de l’océan Indien aux Caraïbes. Des rêves qui le mèneront sur la trace de l’or des Incas, de la Cordillère du Pérou en passant par l’Équateur. Des rêves qui feront de cet individu un homme libre et heureux, rempli d’une passion hors-norme, d’un amour pour l’aventure, au-delà des sociétés, au-delà des femmes, au-delà de tout.
Tour à tour profanateur de sépultures, spécialiste en affrètement pour touristes du luxe et en fret maritimes pour brigands et personnes malhonnêtes, écumeur des mers, contrebandier d’armes, d’alcool, d’animaux et autres cargaisons en tout genre, capitaine de trois-mâts, pilleur d’épaves, de tombes et de sites archéologiques, chercheur en archives et en or, Philippe aura eu besoin de plusieurs tomes pour y raconter ses périphéries. C’est exactement ce qu’il a fait. Auteur d’un premier ouvrage en 1999, intitulé Rapace : Mémoire d’un aventurier sous le pseudonyme de Philippe Kosta, il prolonge ses récits et les détaille de manière plus profonde dans 3 autres livres autobiographiques : L’aventurier (tome 1), Chasseur d’épaves : l’or des Galions (tome 2) et Chasseur de Trésors : l’or des Incas (tome 3).
Le théâtre de ses exploits se situe à travers le globe, plus précisément en Amérique du sud et en Amérique centrale : Caraïbes et Antilles, ports interlopes du Venezuela ou du Pacifique, forêts vierges et sommets inaccessibles au Costa Rica et en Équateur. Ses aventures me rappellent celles des pirates où la fièvre de l’or et le désir de liberté poussent les hommes toujours plus loin. Reconnu par tous dans son domaine, Philipe Esnos est membre du National Geographic et a animé des conférences dans la France entière.
Les récits de Philippe Esnos nous transportent sur un rythme infernal. Parfois, au-delà des limites de la raison et de la morale, mais toujours avec passion et excitation. Ses livres ressemblent à un journal de bord dans lequel il nous partage ses aventures, ses ressentis, sa vision alternative de la vie.
« J’ai rencontré peu de gens qui aimaient réellement leur travail. Trop de vie où la passion est absente, où le rêve et l’aventure ne sont plus vécus que par procuration à travers les stéréotypes du cinéma, du roman et de la télé. Chaque matin, je réinvente ma vie. J’ai toujours veillé à ce que personne ne prenne le soin de l’inventer pour moi. Pour ça, il faut se lever encore plus tôt que ceux à qui l’avenir est censé appartenir. Il faut se coucher tard aussi, et traîner là où ceux qui vivent en marge se rassemblent pour défaire et refaire le monde, et puiser avec eux aux fin fond des bouteilles la poésie et l’ivresse essentielles à la célébration de la vie et du temps présent. » Extrait du livre Rapace.
Son style d’écriture « oral » se lit facilement. J’ai dévoré l’ensemble de ses œuvres.
L’auteur se livre dans ses récits au point que nous avons l’impression de le connaitre personnellement. Aussi percutant qu’addictif, Monsieur Kosta ne me laisse pas indifférent. Même si je ne suis pas d’accord avec l’ensemble de ses propos, Philippe Esnos m’est une source d’inspiration. Il me donne envie de tout foutre en l’air et de partir à l’autre bout du monde, à travers une vie concoctée d’inconnu, en quête d’aventures et de péripéties.
Pourquoi ai-je prénommé cet article « Le dernier des aventuriers » ? Car j’ai la sensation que Philippe Esnos a vécu dans une époque qui n’existe plus. Les îles paradisiaques décrites sont désormais bourrées d’hôtels de luxe et de complexes hôteliers. Il est impossible de chasser des trésors sans une tonne de paperasse… chaque mouvement nécessite une autorisation. Les restrictions, dans tous les domaines, sont bien plus nombreuses aujourd’hui qu’à la fin du XXème siècle. La société prône la sécurité à tout va et j’ai l’impression que la vie n’est plus qu’un vulgaire couloir d’immeuble, avec l’ensemble des portes déjà ouvertes, sans saveur et sans surprise. Je lève mon verre à ce sacré forban qui m’a rappelé que l’aventure est plus riche que le dernier roi des Incas, que l’aventure est plus jouissive qu’une partie de jambe en l’air, que l’aventure mérite d’être le moteur de nos vies. À toi, Philippe Esnos.
Malheureusement, personne étant immortel, Philippe Esnos s’est éteint le samedi 2 mai 2020. Son fils a sorti sa plus belle plume pour rendre hommage à ce pirate des temps modernes :
« À mon père défunt.
Je suis au regret de vous annoncer que mon père Philippe Esnos nous a quitté le samedi 2 Mai 2020.
Dans cette période de tumulte est d’instauration d’un nouvel ordre, son départ marque pour beaucoup d’entre nous la fin d’un temps. Le temps de l’aventure avec un grand A majuscule.
Malgré le progrès, la modernisation et la restriction des libertés, principaux fléaux pour la vie d’un aventurier explorateur, mon père Philippe continua tout au long de son épique vie, tant bien que mal, de mener sa barque sur les horizons lointains de l’exploration des origines de l’humanité et des trésors recéler par celle-ci.
Sa richesse était celle d’un homme authentique dont le cœur fut animé par une soif inextinguible de curiosité de tout ce que le monde et les êtres humains on de plus extraordinaire à découvrir et à offrir.
Mon père est et restera à jamais un exemple, hors norme de ce que peut bien représenter un être humain libre de tout carcans émanant de la société.
Il vécut comme bon lui sembla en tant que penseur individuel forgeant son opinion sur le terrain au travers du vécu et de l’expérience.
Ce fut un monstre doté d’un potentiel mental et physique hors norme, qui parfois tel un rouleau compresseur pouvait tout écraser sur son passage, car ses idées étaient bien arrêtées et n’appartenaient n’y ne correspondaient en aucun cas au courant de pensée de la majorité « bien-pensantes ».
Il défiait fréquemment l’ordre établi, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il était anarchiste et encore moins rebel. Il était un homme libre accomplissant ses rêves tout au long de sa vie.
Voilà ce qu’il nous reste de lui le temps du rêve, un rêve éveillé fabuleux empreint d’essentiel de fondamentaux tels que la nature déchaîné, un cyclone, un raz-de-marée, une montagne dont le sommet est recouvert de neiges éternelles.
C’est l’image que nous garderons de lui, seul devant la force inégalable de mère nature en colère. Et lui, faisant face, inébranlable tel un monolithe défiant l’espace et le temps.
C’est ainsi que nous conserverons ta mémoire en nous afin de nous procurer la force nécessaire de faire face à cet avenir incertain.
Merci de nous avoir donner cette force papa, je t’aime, nous t’aimons. »
Extrait de la publication Facebook de la page Philippe Esnos.
Un documentaire envoyé spécial a été réalisé sur cet homme :
Voici l’ensemble de ces œuvres ci-dessous. Si vous êtes un lecteur occasionnel, je vous conseille de lire Rapace : Mémoire d’un aventurier.
À contrario, si vous lisez beaucoup, achetez les trois tomes autobiographiques : L’aventurier (tome 1), Chasseur d’épaves : l’or des Galions (tome 2) et Chasseur de Trésors : l’or des Incas (tome 3).
Je n’ai pas lu les livres L’Or d’Atahualpa, dernier empereur Inca et L’Or des Incas. Entre rêve et malédiction. Cependant, les éditions du trésor sont gages de qualités. Libre à vous chers amis, et vive l’aventure !
